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Quand je n’écrivais pas et que je ne lisais pas, je regardais des films, des tas de films, dès qu’il y était question de fantastique ou d’horreur. J’ai ainsi vu Les Prédateurs, un jour, presque par hasard, et j’ai réalisé que ma vie ne serait plus jamais la même après cela.
De même que le jour où, alors que j’étais interne au lycée, j’ai ouvert le Livre de Sang de Clive Barker. Ma vie n’a pas simplement changé, à cet instant-là, elle a basculé, d’un coup et irrémédiablement, aspirée et élevée vers ce que je devais être, comme si les pièces du puzzle se mettaient enfin en place.
Dans mes écouteurs le rock avait pris un goût de sang lui aussi : Iron Maiden, Manowar, Black Sabbath, les monstres jouent comme des dieux.
Moi, je continuais d’écrire, des histoires avec des monstres et du rock.
J’ai erré durant quelques années, effectuant des petits boulots. Je suis allé aux USA et j’en suis revenu. J’ai même perdu une paire d’années dans une fac de seconde zone, pour toujours en revenir à ça, et uniquement à ça. Les mots. Les histoires. Les feux d’artifice dans ma tête. J’ai monté un groupe de métal qui s’appelait Mandragore, et dans lequel je criais dans un micro, je parlais de livres que j’aimais dans une émission de radio, le groupe Moonspell enregistrait son premier album, Wolfheart, Nick Cave réalisait Murder Ballads et David Lynch nous offrait Lost Highway. La vie regorgeait de promesses et de possibilités.
Elle les a tenues, chacune d’entre elles et plus encore.
Mes premiers livres, je les ai imprimés moi-même, à cette époque-là. Je les faisais à l’imprimante et chez des relieurs, j’appelais ça des « démos », comme le faisaient les groupes encore non signés pour diffuser eux-mêmes leur musique.
De fil en aiguille, j’ai vendu quelques histoires à des revues, et un petit éditeur a accepté de publier mon premier livre.
À présent, quelques romans plus tard, c’est un éditeur beaucoup moins petit qui me publie, mais rien n’a vraiment changé.
Je continue d’écrire des histoires avec des monstres dedans.
Et je continue d’adorer ça plus que toute autre chose au monde.

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